l'Eglise

L’église de DOLLOT est bâtie sur le versant gauche de la vallée. Elle est d’une fondation fort ancienne, car on sait qu’elle fut concédée aux religieux de l’abbaye de Saint Jean lès SENS, en l’an 1186, par l’archevêque Guy de NOYERS.

Mais elle fut presque complètement rebâtie au XVIème siècle. Cependant on remarque de beaux contre-forts qui semblent appartenir au XIIIème siècle.

L’Église fut bénite (consacrée) en 1534. Titulaire et patron Saint Germain, évêque d’AUXERRE (St Germani de DOLETO). C’était un prieuré de génovéfains, dépendante de Saint Jean de SENS. On célèbre également Saint Rémi, évêque de Reims (1er octobre)

Cette église n’offre rien de remarquable ni par sa construction, ni par sa décoration intérieure. Elle est dans l’enceinte du pays et encore environnée du cimetière.

L’Église Saint Germain a 2 nefs (du 13ème au 16ème siècle), plan rectangulaire – longueur du vaisseau dans son œuvre 35.80 m, largeur générale 10.90 m, 1hauteur de la voûte 10,85 m. Le portail sans caractère. Le petit clocheton d’ardoises sur la nef dont la charpente est à nu dans l’intérieur de l’église. Le chevet est flanqué de beaux contreforts d’appareil moyen et percé de 3 longues baies en lancettes, à chanfreins du 13ème siècle, mais bon marchées.

Dans la nef, des baies de même temps et d’autres du 16ème siècle.

La nef voûtée est en bois, cintrée avec entraits et poinçons de la fin du 15ème siècle.

A gauche, un collatéral ouvert par six arcades, ogives sur baissées retombant sur des colonnes sans chapiteaux. Les baies ont des meneaux du commencement du 16ème siècle. Au mur du sanctuaire, l’amorce d’une voûte du 13ème siècle sur consoles.

Dans la nef un tableau sur bois représentant une descente de croix du 15ème siècle.

Le beau bénitier de pierre dure est formé d’un chapiteau refouillé du 13ème siècle.

 En 1903 l’église a été restaurée. Il est regrettable que cette restauration ait été limitée strictement au gros œuvre de l’église, en négligeant systématiquement tout ce qui eut été un élément de décoration même sommaire. Les enduits intérieurs notamment sont d’une qualité douteuse et d’une façon trop négligée. Le clocher branlant prenait pied sur le sol même de l’église et échafaudait dans la nef même l’enchevêtrement peut-être savant mais assurément peu harmonieux de son infrastructure. On déplore aujourd’hui que ce clocher n’ait pas été simplement reconstitué à son nouvel emplacement selon le vœu des habitants et qu’il ait été remplacé par un clocher surmonté d’une flèche élevée, il est vrai, mais d’une forme assurément moins heureuse que son aîné.

Quoiqu’il en soit de ces détails il faut louer les habitants de DOLLOT et leur municipalité de n’avoir pas hésité a faire les sacrifices que nécessitait l’état de délabrement où était tombée leur belle église.

Le cimetière qui était autour de l’église a été déplacé en 1891, hors du village.

Au début du 18éme siècle, Témoin de 3 abjurations solennelles et publiques

Dimanche 18 avril 1700, par le nommé Claude CHAPERON, âgé d’environ 24 ans,

Dimanche 7 mai 1702, par une nommée Catherine MIGNEAU, âgée de 20 ans

Dimanche 10 avril 1707, par un nommé Jean MASSICAULT, qui avait alors 23 ans, était natif du Guéri, hameau de St Julien, près de TROYES.

Ces 3 personnes abjurèrent la religion de CALVIN, pour entrer au sein de l’église catholique, entre les mains de M. Achille Laurent FERRAND, prêtre Jean lès SENS, prieur curé de DOLLOT.

A la fin du siècle, les habitants de DOLLOT furent témoins d’un autre évènement qui fit grande rumeur. Un nommé CHEREAU, natif de la Grande Paroisse, près de Montereau, exploitait en 1895 une ferme située au liard. Il était faible d’esprit, croyait voir des spectres et des diables à l’entour de lui. Céda aux suggestions du curé de la Grande Paroisse qui, a-t-on dit lui persuada qu’il était possédé du démon.

 En cette année 1795, 5 prêtres exorcisaient donc dans l’église de DOLLOT, ce prétendu possédé, qui couché sur un matelas, faisait d’horribles  contorsions, se moquait de l’eau bénite et des sacrements, dansaient à perdre haleine, puis prophétisait le retour de l’ancien régime. Il devait être exorcisé 5 fois. Les populations accouraient à ces fâcheuses cérémonies, et il y avait encombrement dans l’église. Cohue, scandale, tumulte par les pleurs des uns et risées des autres, le 3ème exorcisme venait de se faire sans amélioration de l’état du possédé, et le 4ème avait été fixé au premier mercredi du mois de juillet de cette année, lors que les administrateurs du district de sens, avertis de ce qui se passait à DOLLOT, le firent arrêter et conduire dans les prisons de la ville, en faisant savoir qu’il n’en sortirait que quand le diable l’aurait quitté. Il resta un peu de temps enfermé, et lorsqu’il rentra chez lui, il ne s’occupa plus de ses prétendues visions, et vécut tranquillement en se livrant à ses travaux agricoles.

La cloche

La cloche portait l’inscription suivante 

L’an de grâce 1856,        Pie IX régnant,

Napoléon III Empereur,

MELLON JOLY archevêque de SENS,

Édmé BRISSOT curé de DOLLOT,

Auguste NÉZONDET adjoint faisant les fonctions de Maire

J’ai été bénite par Étienne François RELIEF, curé de CHAMPIGNY, et nommée

Marie, Françoise Germaine

 

Par Auguste ALMAZAR prieur, président de la conférence de Saint Vincent de Paul de DOLLOT et Jeanne NÉZONDET, … Bienfaiteurs de l’église.

 

TRAVAUX D'URGENCE DE L'EGLISE

 

L'église est aujourd’hui en péril malgré des restaurations partielles effectuées à multiples reprises. Après avoir traité en urgence une attaque de la Mérule (champignon très envahissant et destructeur), la Municipalité a décidé une restauration globale de l’édifice.

Ce vaste projet devrait se dérouler en trois phases dont la première, consisterait en une reprise totale de la toiture et de la maçonnerie extérieure.

Malgré les subventions attendues, la participation financière de la commune reste très importante. C’est pourquoi, la Municipalité lance une souscription publique en liaison avec la Fondation du Patrimoine afin que chacun, habitants, amis, entreprises et collectivités diverses puissent se mobiliser en effectuant un don qui sera essentiel pour la sauvegarde de ce monument millénaire.

Bulletin de souscription

Lien sur le site de la Fondation du Patrimoine

Les partenaires au financement de la 1re tranche sont :

- l'État au titre de la DETR pour 93 241 € soit 30 % des travaux

- la Région Bourgogne au titre de la sauvegarde du patrimoine pour 15 000 €

La commune a aussi sollicité Monsieur Jean-Baptiste LEMOYNE, Sénateur de l'Yonne, au titre de sa réserve parlementaire. La commune est dans l'attente d'une réponse favorable.

Plan de l'église

Diagnostic du bâtiment

Rapport historique